La chronologie de l'Époque Hellénistique

La période hellénistique débute à la mort d’Alexandre le Grand, en juin 323 avant notre ère, jusqu'à la conquête de l'Égypte par les Romains en 30 et au règne d'Auguste en 27 avant l'ère commune, même un peu au-delà.

Les sculptures exécutées au cours de cette période se trouvent donc à la charnière où la sculpture grecque classique rejoint celle de Rome. La sculpture grecque antique se métamorphose au fil de générations qui s'imposent dans cet espace immense, celui hérité de l’Empire d’Alexandre le Grand, puis se mêlent avec des cultures millénaires mais aussi avec des populations nouvellement arrivées, comme celles venues des steppes.

La sculpture hellénistique est donc particulièrement variée et complexe. Cette richesse, le fait, aussi, qu'elle ait été copiée ou utilisée comme référence par les Romains a donné d'innombrables modèles pour des siècles de sculpture occidentale.

La géographie de l'Époque Hellénistique

Dans leur diversité la plupart des sculptures hellénistiques ont une origine difficile à localiser, les matériaux comme les sculpteurs se déplacent à cette époque. Il n'y a souvent plus de tradition locale.

Ensuite, sous la domination romaine, des sculpteurs, bien souvent itinérants, réalisent des copies, mais qui pourraient être des variations, voire obtenues en assemblant des éléments moulés sur les originaux classiques ou hellénistiques. Ces originaux ont, aujourd'hui, disparu et ils ne peuvent être que approximativement imaginés et situés dans le temps.

Le corpus d'œuvres

Le corpus d’œuvres sélectif de ce projet de recherche comporte soixante-quinze cas d’acquisition d’œuvres hellénistiques 68. Il a été constitué à partir de catalogues de collections, d’exposition, de vente et à partir d’ouvrages généraux sur l’Art hellénistique, notamment pour déterminer la datation de certaines œuvres. En effet, dans le cadre de notre sujet, la différence entre original hellénistique et copie romaine réside dans le découpage chronologique. Nous considérons comme original hellénistique, toute œuvre sculptée réalisée durant l’Époque hellénistique, qu’elle soit une création authentique, une copie gréco-romaine ou une copie néo-attique, s’inspirant d’originaux chronologiquement antérieurs. À l’inverse, le terme de copie romaine désigne toute œuvre produite après la date conventionnelle de 31 avant J.-C., c’est-à-dire pendant l’Époque impériale romaine et, dont le sujet de représentation reprend celui d’un original ou d’un type hellénistique. Dès lors, les sculptures de notre sujet ont donc été produites entre 331 avant J.-C. et 31 avant J.-C.. Les œuvres dont la date de production est comprise entre le Ier siècle avant J.-C. et les premiers siècles de notre ère sont écartées du corpus ; ainsi que celles dont la datation oscille entre le Ier siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C. D’autre part, la matérialité des sculptures n’entraîne pas une restriction. Toute production produite durant l’Époque hellénistique, peu importe sa matière (bronze, marbre, jais…), est comprise dans le corpus d’œuvres général 69. Il faut cependant souligner le fait que la matérialité joua un rôle important dans le processus d’identification d’une sculpture en tant qu’original hellénistique ou copie romaine. L’importance de la matière des sculptures participa grandement à la croissance progressive d’un intérêt supérieur pour les sculptures en bronze dans l’histoire des collections. La toreutique était en effet considéré par les collectionneurs comme un art utilisé par les Grecs pour produire des originaux. De plus, l’état de conservation d’une sculpture, intacte ou fragmentée, n’est pas déterminant dans la constitution de notre corpus. En effet, notre sujet se concentre sur le parcours des dites sculptures, et non pas sur leur qualité ou valeur artistique : même les statues les plus incomplètes ont été l’objet de grandes convoitises au fil des âges. De surcroît, l’identification iconographique des sculptures importe peu. Celle-ci n’est pas, dans la grande majorité des cas, un élément essentiel à l’étude du parcours de l’œuvre dans les collections.

Finalement, la date et le mode d’acquisition des sculptures comprises dans notre corpus sont nécessairement connus et authentifiés ; sans quoi, l’enjeu de la constitution des collections n’existerait pas. Les œuvres dont les lieux et les dates de découverte sont précisés font également l’objet d’une étude plus détaillée, puisqu’il est possible, grâce à ces informations complémentaires, de retracer le parcours des sculptures depuis leur excavation contemporaine.

D’autre part, les collections de sculptures hellénistiques des musées de sites archéologiques italiens, grecs et turcs sont exclues de notre étude centrée sur l’histoire des collections. En effet, ces institutions abritent essentiellement des œuvres hellénistiques commandées par les Romains durant l’Antiquité et importées sur le sol italien. Certaines de ces œuvres sombrèrent également dans la Mer Méditerranée – où elles furent retrouvées – à la suite de naufrages. Les musées acquirent donc ces biens culturels suite à des découvertes ou des fouilles archéologiques locales. Il ne s’agit pas de sculptures acquises du XVe au XXIe siècle par le biais d’achats, de dons, de legs…