Un ensemble singulier : le sensationnel du châtiment corporel ?
Parmi les images rapportées de Mongolie par Stéphane Passet, une série suscite plusieurs interrogations : celle consacrée à des châtiments corporels.
Le photographe a manifestement eu accès à des lieux nécessitant des autorisations particulières, notamment une prison, où il a réalisé des clichés de détenus lourdement entravés. Est-ce une mise en scène visant à reconstituer les sévices subis par les Mongols durant la domination chinoise ? Cette hypothèse de mise en valeur de la cruauté chinoise pour légitimer la nouvelle influence de la Russie est envisageable.
Cependant, une image saisissante montre une grande caisse d'où émergent une tête et un bras. Prise aux alentours du bâtiment reservé aux condamnés à mort et accompagnée de la légende "femme au supplice", elle ne semble pas relever de la simple reconstitution. Les légendes associées à l'ensemble des photographies des châtiments n'apportent aucun éclaircissement, entretenant le doute.
Quoi qu'il en soit, cette série constitue un élément singulier au sein de cette collection d'autochromes de la Mongolie. Elle peut témoigner de la part de l'opérateur d'une certaine recherche du sensationnel et du macabre, relevant presque du phénomène de freak show. On peut la rapprocher des autochromes réalisées par Léon Busy au Tonkin représentant des lépreux.







