Stéphane Passet
Recruté par Albert Kahn en 1912, Stéphane Passet (1875-1941) incarne la figure de l'opérateur-aventurier. Il maîtrise aussi bien le procédé de l'autochrome que celui du cinématographe. Son goût pour l'exploration le conduit réguilèrement hors des sentiers battus, à la recherche d'images inédites.
Lors d'une mission en Chine menée dans le cadre du programme des Archives de la Planète, les informations qu'il recueille sur place éveillent son intérêt pour la Mongolie et l'incitent à envisager un voyage dans cette région.
Une première mission en Mongolie-Intérieure (soit l'actuelle région "autonome" de Mongolie en Chine) est effectuée en 1912. Cependant, ce territoire encore largement méconnu des Occidentaux est alors traversé par de profonds bouleversements politiques : la chute de l'Empire chinois dominant alors la Mongolie, les soulèvements mongols et la proclamation de l'indépendance de la Mongolie-Extérieure (soit l'actuelle République de Mongolie) rendent ce territoire particulièrement périlleux. Dans ce contexte instable, Stéphane Passet est contraint de quitter le pays.
Face aux tensions qui règnent dans la région, l'opérateur place sa seconde expédition sous protection diplomatique, notamment celle de Russie, qui vient d'étendre son influence sur la Mongolie. Cela explique la présence d'un drapeau russe sur la voiture de la Russie afin d'éviter la frontière sino-mongole. Ce nouvel itinéraire le conduit des villes frontalières russes aux paysages sauvages de la Taïga boisée et des vastes steppes, jusqu'à Ourga (actuelle Oulan-Bator), qu'il parvient à atteindre lors de ce second voyage. Il y réalise l'essentiel des autochromes et des séquences filmées qui composent aujourd'hui ce fonds. Les bouleversements politiques qui marquent alors la région ne sont toutefois évoqués que très brièvement dans les intertitres accompagnant le montage de ses séquences filmées.
Lors de ses déplacements, l'opérateur s'aventure dans les steppes mongoles au gré des opportunités de voyage. Il rapporte ainsi des images rares, des témoignages aujourd'hui uniques de cette période de l'histoire de la Mongolie captés au plus près des habitants et de leurs pratiques culturelles.


