Nos sources : les catalogues d'expositions !

Les sources pour notre corpus : 

L’étude de la manière dont le musée de Cluny transmet sa vision du Moyen Âge d’un point de vue muséographique à travers ses expositions temporaires repose nécessairement sur des sources indirectes, puisqu’il est impossible de remonter dans le temps pour assister aux expositions étudiées.

Le musée de Cluny ne dispose que de peu d’archives et n’a conçu que partiellement un travail de documentation et de conservation sur ses expositions temporaires à la différence de celui mené par le Centre Pompidou. L’étude des expositions temporaires passées est en effet un champ de recherche encore relativement jeune, datant d’une quinzaine d’années[1]. En l’absence d’une base de données répertoriant systématiquement ces expositions temporaires, il a été nécessaire de recenser manuellement celles à Cluny, pour ensuite en faire une base de données. 

Dès lors, nous nous sommes majoritairement appuyés sur la principale trace laissée par une exposition : son catalogue. C'est pour cela que l'illustration des expositions temporaires choisie ici, est la couverture de leur catalogue d'exposition. Encore faut-il bien prendre conscience des biais que ce type de documents induisent. Les catalogues d’exposition ne reflètent tout d’abord pas l’exposition en tant que telle, constituée de ses cartels ou de son parcours, de sa scénographie (principalement pour des raisons techniques), mais semblent plutôt être un complément à l’exposition voire parfois, pour certains, être complètement autonomes. Souvent conçus en amont de l’événement, ils influencent également la perception que l’on peut en avoir a posteriori. Ainsi le résume Pierre Rosenberg en 1988 :

« La logique voudrait que le catalogue d’une exposition paraisse après sa clôture : l’auteur étudierait commodément les œuvres qu’il aurait choisies de regrouper dans un même lieu et rédigerait sans hâte les notices. […] On l’aura compris, notre proposition tient du paradoxe. […] C’est parce que les catalogues doivent impérativement paraître avant l’ouverture de l’exposition, parce qu’ils obligent leurs auteurs à se soumettre à certaines règles qu’ils constituent un genre en soi, un genre à part entière. » [2]

Notons toutefois que certaines expositions temporaires ne sont pas accompagnées d’un catalogue à l’image de Regards sur la vie quotidienne ou encore Cluny, 1120 Au seuil de la Major Ecclesia (2012), dans ce cas, ce sont donc d’autres éléments qu’il faut mobiliser à l’image de dossiers de presse, de communiqués de presse, de témoignages ou d’autres archives. Enfin, les catalogues ne permettent pas toujours de saisir la nature éphémère et contextuelle des expositions, qui nécessite une méthodologie propre encore à définir.

[1] PARCOLLET, Rémi, SZACKA Léa-Catherine, « Écrire l’histoire des expositions : réflexions sur la constitution d’un catalogue raisonné d’expositions », Culture & Musées, n°22, 2013, pp.137-162.

 

[2] ROSENBERG, Pierre, « Un genre nouveau : le catalogue d’exposition », Histoire de l’art, n°1-2, 1988, pp. 101-102.