L'art à Cluny : 24 avril au 22 septembre 2024
Voyage à travers les expositions du musée de Cluny — L'art au Moyen Âge 24 avril – 22 septembre 2024
Dans le cadre du cycle rétrospectif organisé à l'occasion du 180e anniversaire de l'ouverture du musée de Cluny, ce premier volet revient sur les vingt-huit expositions temporaires consacrées à l'art médiéval, présentées au musée depuis 1996. C'est par ce thème fondateur, au cœur de l'identité du musée, que s'ouvre ce grand programme rétrospectif.
De Un trésor gothique : La châsse de Nivelles (1996), la première exposition temporaire de notre corpus, jusqu'aux récents Les arts en France sous Charles VII et Voyage dans le cristal (2024), en passant par Celtes et Scandinaves : Rencontres artistiques VIIe – XIIe siècle (2008), Les Temps mérovingiens (2016) ou encore L'art en broderie au Moyen Âge (2019), ces expositions ont exploré la diversité et la richesse de la création artistique médiévale, des orfèvres aux verriers, des brodeurs aux sculpteurs, d'Orient en Occident.
Ce premier volet rétrospectif est l'occasion de redécouvrir près de trente ans de programmation artistique à travers une sélection de pièces et de documents emblématiques. Il invite le visiteur à mesurer l'ampleur et la cohérence d'un projet scientifique et culturel qui a fait du musée de Cluny l'une des références incontournables de l'art médiéval en Europe.
Que représente ce théme dans la programmation du musée de Cluny ?
Les 28 expositions sur les arts peuvent elles-mêmes être réparties en plusieurs sous-catégories. Une première tendance notable concerne les expositions centrées sur les techniques artistiques, présentes dans 12 cas. C’est le cas de Voyage dans le cristal (2023), L'art en broderie au Moyen Âge (2019), ou encore Reflets d’or. D’Orient en Occident : la céramique lustrée, IXe–XVe siècle (2008). Ces expositions mettent en valeur le savoir-faire médiéval, mais leur approche technique reste parfois limitée. Ainsi, Françoise Perrot remarque à propos de l’exposition Pinceaux de lumière (2006) que « la technique qui conduit à l’élaboration d’un vitrail est mentionnée sommairement » [1], soulignant ainsi un traitement parfois simplifié de l’aspect technique.
Parmi les techniques représentées, on observe une nette préférence pour la sculpture (4 occurrences sur 12), avec des expositions comme Catalogne romane : Sculptures du Val de Boí (2004) ou Sculptures souabes de la fin du Moyen Âge (2015). Les autres arts dont les estampes, la broderie, l’orfèvrerie, le vitrail ou encore l’émail, ne sont chacun représentés qu’une seule fois. Ces techniques peuvent être réparties entre les arts du volume (sculpture, architecture) et les arts de la surface (estampes, vitraux, enluminures). Le musée de Cluny privilégie clairement les premiers, comme en témoignent des expositions telles que Toulouse 1300-1400 : L’éclat d’un gothique méridional (2022) ou Histoire d’architectures : Genèse du musée de Cluny (1820-2020) (2022). Ce choix est cohérent avec une conception médiévale des arts, dans laquelle les arts mécaniques regroupent les « disciplines telles que la peinture, l’architecture ou la sculpture, ainsi rassemblées avec les activités manuelles destinées à transformer la matière »[2] contrairement aux arts libéraux comme la musique.
[1] PERROT, Françoise, « Pinceaux de lumière. Du modèle au vitrail (exposition) », In Encyclopædia Universalis, [En ligne], mis en ligne le 29 octobre 2009, https://www-universalis-edu-com.ezpaarse.univ-paris1.fr/encyclopedie/pinceaux-de-lumiere-du-modele-au-vitrail/, Consulté le 6 mai 2025.
[2] REGIMBEAU, Gérard, « Classifier les œuvres d’art : catégories de savoirs et classement de valeurs », Hermès La Revue, n°66, 2013, pp. 58-65.
Un focus est proposé sur cette page autour de l’exposition Le verre, un Moyen Âge inventif, présentée comme l’une des expositions emblématiques consacrées à l’art médiéval au sein de la programmation du musée.

