Musique de peintres et albums d'artistes

La production très nombreuse d’albums par des artistes de formation entre la fin des années 1970 et la décennie suivante dans les cercles art-punk autour des écoles d’art d’Allemagne de l’Ouest est particulièrement frappante, et révélatrice de nouvelles manières de créer dans une expérimentation et une joie débraillée autant que collective, dans le croisement des moyens d’expression. De nombreux groupes de musique plus ou moins éphémères et aux configurations changeantes associent amis artistes et musiciens, les possibilités offertes par des labels auto-produits comme Pure Freude, porté par Carmen Knoebel, ou S.O.36 de Martin Kippenberger permettent l’enregistrement et la diffusion de disques à bas coût, dont les pochettes deviennent autant de supports de création picturale. Markus Oehlen est ainsi le batteur autant que l’illustrateur attitré de son groupe Mittagspause, Salomé et Luciano Castelli étendent l’activité de leur atelier-galerie à la musique par leur groupe Geile Tiere, Martin Kippenberger s’associe à son ami peintre Albert Oehlen autant qu’au musiciens no wave new-yorkais et enregistre une flopée de disques éclattants d’amateurisme alors que le peintre Walter Dahn réalise avec La Freiheit des Geistes un album électro d’une grande finesse… Dans la même logique, des groupes comme S.Y.P.H, Wirtschaftswunder, Der Plan, Zero Zero se tournent vers les artistes de leur entourage pour concevoir les pochettes de leurs albums.

Nous pouvons citer l'album de Die Partei, La Freiheit des Geistes, 1981, LP, 1000 Augen, couverture Walter Dahn, Tom Dokoupil.

Inventer un continuum expressif entre les arts
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