Peindre la musique

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Helmut Middendorf, SO36-Gelb (Großstadeingeborene), 1980,ispersion sur toile, 190 x 270 cm, collection de l'artiste. © Helmut Middendorf, VG Bild-Kunst, photo Hall Art Foundation.

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 Adam Jankowski, Going Home [Roger Chapman and The Shortlist live à Hamburg, 1979], 1979, acrylique sur toile, 240 x 540 cm (trois parties), collection de l'artiste. © et photo Adam Jankowski.

Revivifiée, tout comme la musique avec la Neue Deutsche Welle, la peinture voit naître au tournant des années 1980 un mouvement proprement allemand, une « nouvelle rage de peindre », qui fait naître aussi de nouveaux sujets en peinture tirés de la bouillonnante nightlife dans laquelle les nouveaux peintres sont plongés. 

En réactivant l’idée ancienne d’une équivalence entre les arts, ces toiles « musicales » se frottent aussi au défi pleinement contemporain des concerts punks, plus tonitruants que jamais auparavant, et à l’intensité sonore et visuelle la peinture doit se hisser. Pour les berlinois Helmut Middendorff et Rainer Fetting tout particulièrement, la représentation d’instruments de musique amplifiés électroniquement, de chanteurs et guitaristes punk déchaînés, du cœur de la fosse d’un concert… donne lieu à des toiles nouvelles souvent monumentales au style pictural d’une très grande expressivité, aussi saturé que les micros.

A Hamburg en revanche, les peintres Werner Büttner, Albert Oehlen, Martin Kippenberger réagissent différemment à l’impulsion de la musique punk, et transposent dans leurs toiles moins les motifs que la texture et l’esprit de ces sonorités : des œuvres intentionnellement sales, mal peintes, déroutantes.