L'invention collective d'une identité culturelle

Helmut Middendorf, S.O.36 (Großes Interieur), 1981, dispersion sur toile, 190x250cm, coll. part. © Helmut Middendorf, VG Bild-Kunst, photo Van Ham.
Face à la force de cette culture musicale dans laquelle ils baignent de nombreux artistes visuels convoquent un riche inconscient musical, manière de revendiquer dans le champ artistique une culture alternative.
La salle du S.O.36 devient ainsi un motif récurrent chez Helmut Middendorff, le punk, figure stéréotypée avec une crête iroquoise, intègre ainsi l’iconographie picturale, et diverses références et citations issues de l’univers musical ponctuent les toiles, les titres, les projets d’exposition.
En même temps, les fanzines, affiches de concerts et autres supports visuels privilégiés de la culture punk et new wave offrent aux plasticiens le modèle de nouvelles formes de création, nourrie par un esprit DIY fécond et une logique de multiple et d’édition par simple reprographie xerox. Là encore, les cultures musicales croisent la source artistique des petits papiers de dada, fluxus et du situationnisme pour donner corps à une production libre, marquée par la force typographique et l’esprit de subversion des flyers punk. Dans un style mêlant références au constructivisme russe et aux typographies découpées des albums punks les catalogues de premières expositions collectives reprennent ainsi la facilité de production et l’apparence de l’autoédition, des fanzines d’art émergent, quand les graphistes punks autodidactes s’essaient au collage.
