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L’enlisement et la guerre des tranchées

L'immobilisation du front

Affiche Hindenburg
Affiche d'un film de propagande représentant le général Hindenburg

Après la bataille de la Marne, la France et l’Allemagne se lancent dans une «course à la mer» en essayant chacune de se contourner vers le nord. Toutefois, aucune des deux armées ne parvient à s’imposer. Un front se crée et se stabilise sur des centaines de kilomètres, de la mer du Nord à la frontière suisse. C’est la Guerre des tranchées, qui dure de 1915 à 1917.

Alors que les mouvements de troupe sont limités, les soldats creusent la terre pour protéger des tirs d’artillerie et de mitrailleuses. Chaque camp organise un réseau de tranchées en creusant plusieurs lignes parallèles, reliées par d'autres lignes appelées «boyaux». Entre les tranchées de chaque camp se trouve un terrain désert, couvert de barbelés, appelé le «no man’s land». Plusieurs dizaines de kilomètres séparent les ennemis, mais parfois, il arrive que seuls quelques kilomètres les séparent, au point de voir les tranchées opposées à l’œil nu.

Les soldats s'enterrent pour se protéger

Soldats français
Soldats français dans une tranchée

Dans les tranchées, les conditions de vie sont particulièrement difficiles pour les hommes qui y restent parfois plusieurs mois. Elles sont rendues boueuses par la pluie, les hivers sont froids, et des rats infestent les lieux. Les soldats subissent également les bombardements d’artillerie quasi permanents, qui préparent les offensives terrestres. La peur et la fatigue épuisent les soldats. En France, ces derniers sont surnommés les Poilus.

Même si le front est immobile, les états-majors lancent régulièrement des attaques pour tenter de prendre les tranchées ennemies et percer le front. Beaucoup de soldats meurent en traversant le no man’s land puisqu’ils font face aux mitraillettes ennemies. Certaines batailles sont tristement célèbres en raison du nombre de pertes humaines. C’est le cas de la Bataille du Chemin des Dames, à proximité de Reims, qui se déroule du 16 avril au 9 mai 1917. Ces offensives, si elles s’accompagnent de pertes très lourdes, ne permettent pas de gagner beaucoup de terrain.

Soldats allemands
Soldats allemands dans une tranchée

Les mutineries

En 1917, après l'échec sanglant de l'offensive du Chemin des Dames, l'armée française traverse une crise de moral sans précédent : ce sont les mutineries. Épuisés par trois ans d'une guerre d'usure dont ils ne voient plus la fin, les Poilus refusent de retourner au front. Il ne s'agit pas de déserter, ces révoltes sont avant tout des protestations contre la conduite d'assauts meurtriers inutiles, pratiquement suicidaires. Le mouvement touche près de la moitié des divisions françaises, et se manifeste notamment par des chants, comme la Chanson de Craonne, et parfois des refus d'obéissance collective.

Pour reprendre le contrôle de la situation, le général Pétain remplace le général Nivelle. Il adopte une stratégie de « cicatrisation » en combinant répression et amélioration des conditions de vie. Si la justice militaire prononce quelques 550 condamnations à mort (dont 49 sont réellement appliquées pour l'exemple), Pétain choisit l'apaisement en accordant davantage de permissions, une meilleure nourriture et, surtout, en mettant fin aux offensives massives et inutiles. Il décide d'attendre l'arrivée des Américains, entrés en guerre le 6 avril 1917. Leurs chars pourraient permettre d'atteindre la victoire.

En effet, alors que les pays engagés pensaient que la guerre ne durerait que quelques mois, les années passent sans qu’une issue ne se présente. Elle devient une guerre d’usure dans laquelle chaque camp tente d’affaiblir l’autre en engageant toutes les ressources disponibles : industrielles, militaires et humaines.

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Mots de vocabulaire

Se mutiner: Se dresser collectivement contre une autorité, avec violence.

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